Candidozyma auris et hygiène hospitalière : quelles stratégies face à cet agent pathogène émergent ?

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Candidozyma auris (anciennement Candida auris) est une levure émergente qui suscite une vigilance croissante dans les établissements de santé. Décrite pour la première fois au Japon en 2009, elle est aujourd’hui responsable d’épidémies dans de nombreux pays, y compris en France, et figure parmi les agents pathogènes fongiques prioritaires identifiés par l’OMS.

 

En contexte de soins, le principal défi posé par Candidozyma auris réside dans sa capacité à coloniser rapidement et durablement l’environnement hospitalier. C’est pourquoi la SF2H (Société française d’hygiène hospitalière), la SFMM (Société française de mycologie médicale) et l’Institut Pasteur placent le bionettoyage de l’environnement au coeur des mesures de prévention, tandis que des approches complémentaires, comme la vapeur ou la désinfection des surfaces par voie aérienne (DSVA), suscitent un intérêt croissant.

Candidozyma auris : un agent pathogène émergent particulièrement préoccupant

ÉPIDEMIOLOGIE DE CANDIDOZYMA AURIS : UNE PROGRESSION RAPIDE A L’INTERNATIONAL ET EN FRANCE

Les données de surveillance montrent une progression rapide de Candidozyma auris, avec une circulation désormais bien documentée aux États-Unis comme en Europe. En 2024, plus de 6 000 infections ont ainsi été rapportées aux États-Unis. En Europe, plus de 1 300 cas avaient déjà été recensés en 2023.

 

En France, la dynamique récente appelle à la vigilance. Le premier cas français a été identifié rétrospectivement en 2007. Depuis, 89 cas ont été recensés, dont 65 depuis 2023. Autrement dit, près de 73 % des cas français ont été rapportés sur les trois dernières années.

En 2025 seulement, 22 clusters ont été identifiés, à l’origine de 37 cas.

Les introductions de C. auris en France restent majoritairement liées à des patients rapatriés sanitaires ou récemment hospitalisés à l’étranger.

RISQUE CLINIQUE CHEZ LES PATIENTS COLONISES OU INFECTES

Candidozyma auris peut coloniser durablement la peau, sans provoquer de symptôme.

 

Mais cette colonisation peut évoluer vers une infection invasive. Chez les personnes colonisées, le risque d’infection est estimé à 15 %.

 

Lorsque l’infection atteint le sang, provoquant une candidémie, la mortalité est estimée à 30%.

 

La prise en charge des patients peut être compliquée par une sensibilité variable aux antifongiques selon les souches et les clades, qui peut réduire les options thérapeutiques disponibles, voire conduire à des situations d’impasse.

Pourquoi le bionettoyage est-il central dans la prévention de Candidozyma auris ?

UNE LEVURE QUI FAIT DE L’ENVIRONNEMENT HOSPITALIER UN RESERVOIR DE TRANSMISSION

C. auris se distingue par sa capacité à persister plusieurs semaines dans l’environnement intérieur. Elle adhère à de nombreux supports, comme la peau, le verre, le plastique, l’acier ou les textiles.

Cette particularité favorise une colonisation cutanée prolongée chez les patients, mais aussi une contamination durable de leur environnement proche. De très nombreuses surfaces deviennent alors un réservoir potentiel de transmission intrahospitalière.

BIOFILMS ET FOYERS DIFFUS : DEUX RAISONS DE RENFORCER LE BIONETTOYAGE

C. auris peut persister sous forme libre ou sous forme de biofilm. Ces biofilms favorisent l’adhérence et la survie du micro-organisme. Ils peuvent aussi réduire sa sensibilité à certains désinfectants.

 

De plus, la contamination de l’environnement par C. auris prend la forme de foyers diffus. Ce pathogène peut coloniser simultanément de nombreux éléments de l’environnement du patient : lit, matelas, adaptable, sonnette, télécommande, matériel partagé ou poignées de porte.

 

Sa dispersion complique fortement la délimitation des zones contaminées : la détection de C. auris sur un élément de l’environnement suggère souvent une contamination plus étendue, impliquant potentiellement de nombreuses autres surfaces.

 

Cette dispersion environnementale accroît fortement le risque de contamination croisée.

CE QUE RECOMMANDENT LES SOCIETES SAVANTES

Pour la SF2H, la SFMM et les CPIAS (Centres d’appui pour la prévention des infections associées aux soins), le bionettoyage de l’environnement fait partie des mesures essentielles pour prévenir la transmission de Candidozyma auris.

Il doit être réalisé au minimum une fois par 24 heures dans la chambre et sur le matériel du patient, et idéalement deux fois par jour.

Les recommandations insistent sur les zones les plus exposées : l’environnement proche du patient, mais aussi les surfaces fréquemment touchées par les soignants, notamment les poignées de porte, les équipements médicaux et les dispositifs partagés.

 

Le bionettoyage doit associer un frottement rigoureux, une action détergente et une désinfection efficace. L’objectif est de retirer les matières organiques, les souillures visibles et les biofilms, et de réduire la contamination microbienne des surfaces. Sa qualité doit être contrôlée par l’encadrement paramédical, en lien avec l’équipe de prévention du risque infectieux.

 

À la sortie du patient, un double bionettoyage est préconisé, idéalement par deux professionnels distincts.

Pourquoi Candidozyma auris pose un défi majeur en hygiène hospitalière ?

DES SENSIBILITES VARIABLES A CERTAINS DESINFECTANTS

La maîtrise environnementale de Candidozyma auris est compliquée par une sensibilité variable à certains désinfectants, selon les souches et les clades. La littérature rapporte notamment des interrogations concernant l’efficacité de certains l ammoniums quaternaires. La formation de biofilms pourrait notamment contribuer à réduire la sensibilité de certaines souches aux désinfectants. Bien que C. auris ne produise pas de spores, les désinfectants de niveau sporicide sont recommandés, notamment les dérivés chlorés, le peroxyde d’hydrogène et l’acide peracétique.

LA VAPEUR : UNE APPROCHE COMPLEMENTAIRE EFFICACE

Dans le contexte de la maîtrise environnementale de Candidozyma auris, la SF2H et la SFMM appellent à documenter l’efficacité de la vapeur. C’est désormais le cas, grâce à des tests réalisés dans les conditions de la norme NF T 72-110, qui apportent la preuve de l’efficacité de la vapeur contre C. auris (les résultats de ces tests sont détaillés dans la partie suivante).

 

La vapeur répond à plusieurs préoccupations concrètes des équipes d’hygiène : disposer de solutions efficaces contre C. auris, adaptées aux contraintes du terrain et sûres pour les patients comme pour les professionnels, mais également limite le recours aux produits chimiques, pour un impact écologique minimal.

LA DESINFECTION DES SURFACES PAR VOIE AERIENNE : UNE REPONSE AUX FOYERS DIFFUS DE C. AURIS:

C. auris peut contaminer de nombreuses surfaces dans l’environnement du patient, sous forme de foyers diffus. Cette diffusion complique le traitement exhaustif de toutes les zones à risque.

C’est précisément l’intérêt de la désinfection des surfaces par voie aérienne : diffuser automatiquement un agent désinfectant (souvent du peroxyde d’hydrogène) dans l’ensemble du volume d’une pièce, de façon à atteindre toutes les surfaces exposées, y compris les zones les plus difficiles d’accès.

Encadrés et certifiés par la norme NF EN 17272, les procédés de désinfection des surfaces par voie aérienne ont démontré une efficacité fongicide et sporicide sur des micro-organismes particulièrement résistants.

Sa capacité à atteindre des foyers diffus et son efficacité large spectre, expliquent l’intérêt majeur de la DSVA dans la maîtrise des contaminations environnementales liées à C. auris.

La SF2H et la SFMM recommandent ainsi une désinfection terminale des surfaces par voie aérienne, notamment en cas d’épidémie non maîtrisée.

Conclusion

La principale difficulté posée par Candidozyma auris n’est pas seulement sa résistance à certains traitements antifongiques, mais sa capacité à s’installer durablement dans l’environnement de soins. Face à ce défi, les recommandations convergent vers une même exigence : renforcer le bionettoyage, combiner plusieurs niveaux d’action complémentaires erigoureusement l’efficacité des procédés utilisés.

Pour répondre aux enjeux sanitaires et environnementaux actuels, Oxy’Pharm incarne une approche intégrée et écobiologique de l’hygiène hospitalière, associant Sanivap, pour le bionettoyage par vapeur haute pression, et Nocotech, pour la biodésinfection des surfaces par voie aérienne.