Bionettoyage vapeur en néonatologie : concilier maîtrise du risque infectieux et écoresponsabilité

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En néonatologie, le bionettoyage de l’environnement immédiat des nouveau-nés et notamment des couveuses et des berceaux chauffants, occupe une place centrale dans la prévention des infections associées aux soins.

 

Les protocoles de bionettoyage reposent le plus souvent sur l’utilisation de détergents-désinfectants, mobilisant d’importants volumes d’eau et de nombreux consommables à usage unique. L’impact environnemental de ces protocoles, ainsi que l’exposition aux produits chimiques des professionnels du bionettoyage et potentiellement des nouveau-nés utilisés, conduisent aujourd’hui à faire évoluer les pratiques.

 

Les établissements de santé recherchent des méthodes de bionettoyage plus écoresponsables, sans compromis sur la maîtrise du risque infectieux. Présentée au congrès SF2H 2026, une étude de terrain menée par les Hospices Civils de Lyon démontre l’intérêt du bionettoyage vapeur en néonatologie pour répondre à ce double enjeu.

Les enjeux du bionettoyage en néonatologie

DES NOUVEAU-NES PARTICULIEREMENT VULNERABLES AUX INFECTIONS [1][2]

La naissance marque une véritable transition immunologique. Stérile in utero, le nouveau-né est rapidement colonisé au contact des flores bactériennes maternelles, puis des micro-organismes de son environnement, véhiculés notamment par les mains des soignants et des parents et l’alimentation lactée.

Exposé pour la première fois à une grande diversité de micro-organismes, il présente un risque d’infection plus élevé qu’à toute autre période de la vie.

 

Cette vulnérabilité tient d’abord à l’immaturité des défenses immunitaires et à la fragilité de la peau et des muqueuses, encore insuffisamment développées pour assurer pleinement leur rôle de barrière contre les agents infectieux. Cette susceptibilité aux infections est encore plus marquée chez les prématurés.

 

À ces facteurs intrinsèques s’ajoutent les conditions de la prise en charge hospitalière. Les cathéters, la ventilation assistée, la nutrition parentérale et les autres dispositifs invasifs, indispensables à la survie de nombreux nouveau-nés, créent autant de portes d’entrée pour les micro-organismes.

 

Malgré les progrès de la néonatologie, les infections associées aux soins peuvent encore être à l’origine de complications graves, avec des répercussions possibles sur le neurodéveloppement de l’enfant.

UN BIONETTOYAGE PARTICULIEREMENT EXIGEANT [3]

Dans les établissements de santé, la néonatologie est classée zone 3, c’est-à-dire en zone à haut risque infectieux. Cette classification impose une fréquence et des modalités de bionettoyage particulièrement exigeantes. [3][8]

 

Certaines surfaces comme les plans de change sont nettoyées et désinfectées avant et/ou après chaque utilisation.

L’ensemble de l’environnement immédiat du nouveau-né fait l’objet d’un bionettoyage quotidien : couveuses et berceaux chauffants, chariot de soins, matériel électronique, mobilier, points d’eau, sols, poignées de porte et de meuble, interrupteurs etc.

 

Lors de la sortie d’un patient ou après une hospitalisation prolongée, l’ensemble de la chambre est nettoyé et désinfecté, avec démontage si nécessaire de certains équipements médicaux.

 

En période épidémique, la fréquence du bionettoyage peut être renforcée et les protocoles adaptés au micro-organisme en cause.

 

L’efficacité du bionettoyage repose sur des procédures formalisées (choix du matériel et du détergent-désinfectant, temps de contact, rinçage, séchage) mais aussi sur la formation des équipes, la traçabilité des opérations et l’évaluation régulière des pratiques.

POURQUOI FAIRE EVOLUER LES PRATIQUES DE BIONETTOYAGE ? [4][5][6]

L’utilisation de détergents-désinfectants consomme d’importants volumes d’eau et de nombreux consommables à usage unique : chiffonnettes, lavettes, bandeaux de lavage, gazes… De plus, les détergents et désinfectants utilisés finissent dans les eaux usées, et certaines substances écotoxiques s’accumulent dans l’environnement.

À l’échelle d’un établissement de santé de 1 000 lits, le bionettoyage mobilise chaque année 5 à 10 m³ de détergents et 2 à 4 m³ de désinfectants. [5]

 

En parallèle, les professionnels chargés du bionettoyage sont exposés de manière quotidienne à ces produits chimiques, susceptibles de provoquer des irritations cutanées, oculaires ou respiratoires.

 

L’utilisation de ces produits soulève également des interrogations quant à l’exposition des nouveaux-nés à d’éventuels résidus chimiques. La perméabilité de leur peau et le fait que les organes ne soient pas matures rend tout contact avec un produit chimique extrêmement dangereux. Il ne faut pas substituer un risque chimique à un risque microbiologique, d’où l’intérêt de la vapeur en bionettoyage d’entretien, hors présence de l’enfant.

 

Les pratiques doivent évoluer vers un usage plus raisonné des produits chimiques. Le nettoyage repose sur quatre leviers complémentaires : l’action mécanique, la température, le temps et la chimie. L’un des principes de l’écoconception des soins consiste à réduire le recours aux produits chimiques lorsque l’action mécanique ou thermique permet d’atteindre le niveau d’hygiène requis.

 

Les CPIAS recommande notamment la pré-imprégnation des textiles de nettoyage afin d’en limiter les quantités. Le bionettoyage vapeur avec un appareil conforme à la norme NF T 72-110 figure également parmi les alternatives préconisées.

 

Dès 2021, les Hospices Civils de Lyon, engagés dans une démarche d’écoconception des soins, ont choisi de déployer le bionettoyage vapeur en néonatologie. Les équipes ont ensuite souhaité documenter scientifiquement l’impact de cette évolution des pratiques, grâce à une étude de terrain présentée au congrès SF2H 2026.

Pourquoi la vapeur constitue-t-elle une alternative intéressante ? [9]

Le bionettoyage vapeur repose sur la diffusion d’une vapeur saturée à haute température (environ 97 °C en sortie d’accessoire) et sous pression.

 

La vapeur pénètre dans les moindres recoins pour éliminer les dépôts et les biofilms, tout en réduisant la charge microbiologique des surfaces, sans recours aux produits chimiques. Grâce à son action thermique et mécanique, selon les performances du procédé utilisé, la vapeur peut éliminer un large spectre de micro-organismes : bactéries, levures, virus et même spores.

 

Le bionettoyage vapeur présente également des avantages opérationnels et environnementaux majeurs. Les protocoles de désinfection chimique nécessitent un rinçage à l’eau microfiltrée afin d’éliminer les résidus, suivi d’une phase de séchage avant le remontage des équipements. Ces étapes allongent le temps de traitement et augmentent la consommation d’eau. À l’inverse, le bionettoyage vapeur est réalisé en une seule phase, ne nécessite pas de rinçage et bénéficie d’une validation sur Bacillus , simplifiant ainsi les opérations de bionettoyage en néonatologie.

 

Cette méthode écoresponsable ne laisse aucun résidus chimiques et préserve les matériaux les plus délicats. Elle peut ainsi être utilisée en toute sécurité sur les surfaces en contact direct avec les nouveau-nés, comme les matelas de couveuse, les berceaux chauffants ou les tables de soins.

Une étude présentée à la SF2H 2026 évalue le bionettoyage vapeur en conditions réelles

UNE ETUDE DE TERRAIN COMPARANT DEUX PROTOCOLES DE BIONETTOYAGE EN NEONATOLOGIE [6][7]

Pour évaluer l’intérêt du bionettoyage vapeur en néonatologie, les Hospices Civils de Lyon ont mené une étude prospective comparant deux protocoles de bionettoyage appliqués aux incubateurs et aux berceaux chauffants : la méthode conventionnelle utilisant un détergent-désinfectant et une méthode reposant sur le bionettoyage vapeur. Les résultats ont été présentés lors du congrès de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H) en 2026.

L’étude a porté sur 81 équipements utilisés en conditions réelles de soins. Plusieurs critères ont été évalués : la qualité microbiologique du bionettoyage ainsi que la consommation d’eau, de détergents-désinfectants, de chiffonnettes à usage unique ainsi que le temps nécessaire à la réalisation des protocoles. L’objectif était d’apprécier simultanément les performances microbiologiques et l’impact environnemental de chaque méthode.

UNE EFFICACITE MICROBIOLOGIQUE COMPARABLE, AVEC UNE CONSOMMATION DE RESSOURCES FORTEMENT REDUITE [6][7]

Les résultats montrent que le bionettoyage vapeur obtient une efficacité microbiologique comparable à celle du protocole conventionnel. Le nombre de prélèvements microbiologiques non conformes est resté faible avec les deux méthodes, sans différence statistiquement significative.

 

En parallèle, le protocole vapeur a permis de réduire significativement les ressources nécessaires au bionettoyage :

  • 50 % de détergents-désinfectants en moins ;
  • 41 % d’eau en moins ;
  • 34% de chiffonnettes en moins.

 

Ces résultats montrent qu’il est possible, grâce au bionettoyage vapeur, de diminuer sensiblement la consommation de produits chimiques, d’eau et de consommables, tout en maintenant un niveau de performance microbiologique comparable à celui du bionettoyage conventionnel.

 

Le guide d’écoconception des Hospices Civils de Lyon rapporte également une réduction de 55 % des coûts d’exploitation avec le bionettoyage vapeur par rapport à la méthode chimique, correspondant à un retour sur investissement inférieur à deux ans.[4]

UNE VIGILANCE NECESSAIRE VIS-A-VIS DES BACTERIES SPORULEES [6][7]

Les auteurs soulignent toutefois la nécessité de maintenir une vigilance particulière vis-à-vis des bactéries sporulées, notamment Bacillus spp, quel que soit le protocoles de bionettoyage utilisé (vapeur ou chimique). En néonatologie, ces bactéries font l’objet d’une surveillance renforcée en raison de leur capacité à former des spores particulièrement résistantes, à persister dans l’environnement hospitalier et à être impliquées dans des épisodes de transmission nosocomiale chez des nouveau-nés très vulnérables.

En pratique, l’obtention d’une activité sporicide avec les procédés chimiques nécessite le recours à des produits fortement oxydants, souvent validés uniquement sur Clostridioides difficile et non sur Bacillus spp. Leur utilisation est par ailleurs plus contraignante pour les professionnels et soulève la question de résidus chimiques sur les surfaces en néonatologie.

 

La maîtrise des bactéries sporulées demeure un enjeu majeur en néonatologie et justifie le maintien de protocoles rigoureux ainsi qu’une surveillance microbiologique adaptée.

 

Les résultats présentés au congrès SF2H 2026 montrent qu’un protocole de bionettoyage vapeur peut réduire significativement la consommation de détergents-désinfectants, d’eau et de consommables, tout en maintenant une eperformance microbiologique comparable à celle du bionettoyage conventionnel.

 

La vapeur constitue ainsi un levier que les établissements peuvent mobiliser dans leurs démarches d’écoconception des soins et de responsabilité sociétale (RSE). Elle répond aux attentes croissantes des établissements en matière de performance environnementale, de réduction des déchets et de qualité de vie au travail.

 

Pour une santé durable, Oxy’Pharm accompagne cette évolution écoresponsable des pratiques avec sa gamme Sanivap, des solutions de bionettoyage vapeur conformes à la norme NF T 72-110, conçues pour les environnements de soins à fortes exigences microbiologiques.

Sources principales :

[1] Letouzey M., Boileau P., Foix-L’Hélias L., Infections néonatales bactériennes précoces et tardives, Journal de Pédiatrie et de Puériculture, Volume 35, Issue 6, 2022, Pages 284-292. Disponible sur :
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0987798322001104

 

[2] Doit C., Biran V., Aujard Y., Infections nosocomiales en néonatologie: Nosocomial infections in neonatal units. Infections néonatales. 2015:91–106. Disponible sur : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7152006/

 

[3] CPIAS Auvergne Rhône Alpes, Bionettoyage en néonatalogie, 2024. Disponible sur : https://www.cpias-auvergnerhonealpes.fr/sites/default/files/2024-10/2024-FP-Neonat-Bionettoyage.pdf

 

[4] Hospices Civils de Lyon (HCL), Guide de l’écoconception des soins, janvier 2026. Disponible sur : https://www.chu-lyon.fr/sites/default/files/guide-ecoconception-soins.pdf

 

[5] CIPIQ-S, L’impact insoupçonné de l’hygiène hospitalière sur l’environnement, Le Journal du Médecin, n°2767, 1er décembre 2023. Disponible sur : https://cipiqs.org/wp-content/uploads/2024/01/Article-CIPIQ-S-JDM-2023-12.pdf

 

[6] SF2H, XXXVIe congrès national de la Société Française d’Hygiène Hospitalière, juin 2026. Disponible sur : https://www.sf2h.net/k-stock/data/lille_2026/SF2H_Livres_Resumes_Lille_2026.pdf

 

[7] Gerster L. et al., Le bionettoyage à la vapeur en néonatologie : juste équilibre entre risque infectieux et éco responsabilité, SF2H, Lille, 3-5 juin 2026.

 

[8] Entretien des locaux dans les établissements de santé et établissements médico-sociaux – Recommandations de bonnes pratiques, Novembre 2017, CPIAS Occitanie, CPIAS Nouvelle Aquitaine. Disponible sur : https://www.cpias-ile-de-france.fr/docprocom/ems/CPiasOccNA_Entretien_Locaux_2017.pdf

 

[9] Oxy’Pharm, Sanivap, le bionettoyage vapeur [Internet]. Disponible sur : https://www.oxypharm.net/sanivap-bionettoyage/